Liberté de conscience en Belgique
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La justice empêche un adolescent d’aller suivre un enseignement bouddhiste

28 septembre 2013 | Posté par Thibaut dans la catégorie Actualités

Giel est un jeune Flamand de 15 ans. Contrairement à nombre d’adolescents de son âge, son ambition n’est pas de se procurer les derniers jeux vidéo que les jeunes s’arrachent, ni de visionner les séries TV à la mode, ni de sortir le weekend dans des soirées arrosées… non ! Rien de tout cela. Giel est bouddhiste et veut devenir lama, c’est-à-dire un maître, dans les termes du bouddhisme tibétain.

Il est impatient de rejoindre le monastère Jonang Takten Phuntsok Choeling, à Sanjauli, au nord de l’Inde, près de la frontière tibétaine. Ce monastère, fondé en 1963, abrite 120 moines. L’une de ses activités principales est l’éducation des jeunes moines, âgés de 7 à 17 ans. Là, on leur enseigne non seulement le bouddhisme tibétain, mais aussi la langue tibétaine et l’anglais. Giel compte y passer quinze années pour atteindre le rang de lama. Tout cela avec l’accord de sa mère, elle-même bouddhiste.

Giel déclare : « Ce sera parfois difficile, surtout au début. Mais tout le côté matérialiste ne me manquera pas. La vie ordinaire d’un adolescent ne m’intéresse pas. »

Giel devait prendre l’avion le vendredi 13 septembre pour se rendre à ce monastère et réaliser son rêve. Malheureusement pour lui, un de ses oncles a vu ceci d’un mauvais œil et a saisi la justice pour empêcher Giel de partir.

Le juge de la jeunesse de Gand a estimé le jeudi soir qu’il n’y avait aucune raison de s’opposer au départ de Giel (prévu le lendemain). Le garçon partait en effet de son propre chef et avec la bénédiction de sa mère. Mais l’oncle ne l’a pas entendu ainsi et a fait appel. La cour d’appel a décidé in extremis (un quart d’heure avant que Giel ne se rende à l’aéroport) d’empêcher le jeune garçon de quitter le pays. Elle a déclaré vouloir faire une enquête plus approfondie sur « la situation et les conditions exactes dans lesquelles vit le mineur ».

Giel a reçu son éducation religieuse de sa mère. Ceci est en conformité avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’article 26 stipule : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

La décision de la Cour d’appel de Gand illustre parfaitement la raison pour laquelle le Parlement européen a adopté le 13 juin dernier son rapport sur la protection de la liberté de religion (voir notre article Le Parlement européen aussi veut protéger la liberté de religion). On peut y lire : « (…) la liberté des parents et des tuteurs d’assurer l’éducation religieuse et morale de leurs enfants ne peut être limitée. »

L’éducation religieuse du jeune Giel lui ayant été dispensée par sa mère, on peut se demander de quel droit l’oncle veut l’empêcher de devenir lama. De plus, et c’est primordial, l’adolescent n’allait pas quitter son pays sous la contrainte, mais au contraire, de son propre arbitre. Sa mère a d’ailleurs assuré qu’elle le ferait revenir immédiatement si la formation ne plaisait pas à son fils.

L’avocate du mineur d’âge a introduit un pourvoi en cassation il y a quelques jours contre la décision de la Cour d’appel. Si cette décision est maintenue, elle pourrait constituer un précédent mettant en danger la liberté religieuse en Belgique.

Espérons que le jeune Giel pourra réaliser ses rêves sans que plus personne ne lui mette de bâtons dans les roues.

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