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Les djihadistes ne sont pas des victimes… Nous, non plus…

21 octobre 2014 | Posté par Thibaut dans la catégorie Actualités | Non classé

Eric Brasseur, directeur du CIAOSN (Centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles) a été interviewé récemment par le quotidien Le Soir (numéro du 10 octobre dernier), concernant les jeunes djihadistes partant s’enrôler en Syrie.  Le journaliste lui demande si on peut assimiler ces jeunes à des victimes de « sectes ». Eric Brasseur  déclare que les jeunes partant en Syrie dans des groupes de combattants ne doivent pas être assimilés à des victimes. S’ils sont amenés à tuer des gens, ce sont des assassins. « Les premières victimes, ce sont celles qu’ils égorgent », précise-t-il.

Il ajoute : « Je pense qu’on est en train de déresponsabiliser ces petits jeunes qui partent pour des raisons qui sont les leurs, en en faisant les victimes d’une « manipulation ». Est-ce qu’on a besoin d’être manipulé pour aller tuer ? Cela reste à démontrer. »  Ce sont de sages et lucides propos.

Mais alors, si Monsieur Brasseur pense cela des djihadistes, pourquoi présume-t-il que les personnes entrant dans des groupes dits « sectaires » seraient des victimes et qu’elles seraient « manipulées » ?

Comment peut-il logiquement affirmer une chose quand il s’agit de l’adhésion à un groupe et son contraire pour l’adhésion à d’autres groupes ? Pourquoi estime-t-il qu’un jeune djihadiste n’est pas manipulé et qu’il rejoint un groupe armé de son plein gré et en toute connaissance de cause, sous sa propre responsabilité alors que les membres de groupes « sectaires » seraient les victimes de « coercition psychologique », de discours trompeurs et qu’ils ne pourraient pas être considérés comme pleinement responsables de leurs choix ? Il s’agit visiblement de deux poids, deux mesures.

En fait, Monsieur Brasseur a bel et bien raison quand il parle des djihadistes. Ce ne sont pas des victimes. Ils ont adopté certaines opinions et croyances pour des raisons qui leur sont propres… comme tout un chacun. Est-ce dû à l’influence de tel ou tel membre de l’entourage ou la conséquence de certains événements qu’ils ont vus ou vécus? Ou est-ce que ces croyances rejoignent leur intime conviction quant à ce qui est juste ? Qui pourrait bien répondre à ces questions ? Qui peut se vanter de connaître les motivations profondes d’un être humain ? Personne, bien sûr.

De même pour l’adhésion à n’importe quel groupe, y compris ceux classés comme « sectaires ». Les personnes qui y adhèrent ont leurs raisons personnelles pour le faire. On ne peut les assimiler à des victimes. Ils rejoignent un groupe pour un faisceau de raisons : les préceptes de ce groupe rejoignent peut-être leur intime conviction… les membres de ce groupe leur paraissent possiblement sympathiques… leur participation à leurs activités leur font éventuellement du bien… De plus, ils peuvent changer d’avis à tout moment et quitter ce groupe pour en rejoindre un autre soudainement plus attractif ou simplement pour faire à nouveau cavalier seul. Chacun suit son propre chemin.

Aucun adhérent à un quelconque groupe ne devrait être considéré comme une victime. Sinon, nous sommes tous des victimes ! Nous sommes en effet sous l’emprise de multiples influences : la télé, la radio, l’école, les parents, les frères et sœurs, les amis, les publicités, les discours politiques, les livres, les conversations entendues au café du coin, etc. etc. Et quid du libre arbitre ? D’ailleurs, pourquoi nous laissons-nous influencer par certaines personnes et certaines idées et pas par d’autres ?

Non, décidément, nous ne sommes pas des victimes ! Et ce n’est pas aider quelqu’un que de le victimiser. Bien au contraire. On a tout à gagner à être responsabilisé et à assumer ses choix.

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