Liberté de conscience en Belgique
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Qui sont les baha’is ?

20 décembre 2015 | Posté par Thibaut dans la catégorie Non classé

Voici une interview de Daniel Schaubacher, membre de la communauté baha’ie de Belgique, membre de l’EBBF (Ethical Business Building the Future), asbl créée dans les années 90 pour promouvoir la sagesse et les principes moraux et spirituels que l’on trouve dans les enseignements de la foi baha’ie ainsi que ceux des grandes traditions religieuses du monde, tels que les principes de justice, respect, confiance, intégrité et unité.

CAP : Pouvez-vous nous présenter ce qu’est la religion baha’ie en quelques mots ?

D.S. : La foi bahá’íe est une religion mondiale et indépendante. Son histoire débute en Perse en 1844. Son fondateur est Bahá’u’lláh (1817-1892), un noble persan qui a proclamé être le porteur d’une nouvelle révélation, un nouveau message divin, dont la finalité est d’établir l’unité des peuples de la terre en respectant leur diversité et autonomie.

« La Terre n’est qu’un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens » (Bahá’u’lláh)

Au cœur de son message se trouve la conviction que l’humanité forme une seule et même famille et que le moment est venu pour elle de s’unir en une société mondiale. Ceci implique une transformation des individus et des relations qui structurent la société.

Dans les aspects spirituels et matériels de leurs vies, les bahá’ís s’efforcent de mettre en pratique les enseignements de Bahá’u’lláh, tels que :

– l’âme rationnelle n’a ni sexe, ni race, ni ethnie, ni classe, ce qui rend inadmissible toute forme de préjugés

– Dieu est un, au-delà des diversités culturelles et des interprétations humaines et toutes les religions du monde sont les expressions successives d’une seule et même foi

– la religion et la science sont deux systèmes complémentaires de connaissance et de progrès pour la civilisation.

« Considérez l’homme comme une mine riche en pierres précieuses d’une valeur inestimable » (Bahá’u’lláh)

CAP : Où se trouve-t-il le plus de membres de la foi baha’ie ?

D.S. : C’est en Inde que l’on compte le plus grand nombre de bahá’ís (environ 2 millions). Dans son pays d’origine, l’Iran, la foi bahá’íe est la plus grande minorité non-musulmane, constituée d’environ 300 000 personnes de toute origine ethnique.

Selon l’Encyclopaedia Britannica, la foi bahá’íe est la religion la plus répandue géographiquement dans tous les pays et régions du monde après le christianisme. Les estimations varient de 5 à 7 millions. Elle compte quelque 2 100 groupes ethniques répartis dans plus de 235 pays et territoires dépendants. Ses écrits sont traduits dans plus de 800 langues.

CAP : Combien y a-t-il de membres ou sympathisants en Belgique ? Et en Europe ?

D.S. : En Belgique on dénombre quelque 500 bahá’ís et plusieurs milliers dans toute l’Europe.

CAP : Quelles relations entretenez-vous avec les autres religions ici en Belgique ?

D.S. : Les bahá’ís s’associent dans l’amitié et l’harmonie à toute religion ou mouvement respectueux des lois et coutumes de leur pays, et à tout un chacun qui aime et sert l‘humanité. En Belgique, les bahá’ís participent au dialogue interconvictionnel à Bruxelles, Anvers, Hasselt, Malines, Louvain, Gand, Namur, etc.

CAP : Quelles relations entretenez-vous avec l’État belge ?

D.S. : En Belgique, les bahá’ís sont constitués sous forme d’association sans but lucratif. Dans le monde entier, les bahá’ís respectent les lois et sont de loyaux citoyens de leur pays ; ils ne font pas de politique partisane. La Foi bahá’íe ne reçoit pas de subsides de l’état ; les fonds ou donations sont volontaires et sont acceptés uniquement de croyants bahá’ís déclarés.

CAP : Est-ce qu’elle connaît des répressions ou interdictions dans certains pays ? Lesquels et sous quels prétextes ?

D.S. : Les bahá’ís ont été et sont encore durement persécutés dans leur pays d’origine, l’Iran, et ils l’ont été au cours de leur histoire par les nazis en Allemagne et dans certains pays communistes et à tendance musulmane fanatique. Les raisons de ces persécutions sont avant tout dues à leur engagement pour leurs principes d’unité de Dieu, de sa religion révélée progressivement à travers l’histoire de l’humanité, et de l’unité de l’humanité.

Les bahá’ís croient aussi que la vérité est relative lorsqu’elle est exprimée et que chaque être humain a la capacité de rechercher indépendamment la vérité. De plus, ils croient à l’égalité de la femme et de l’homme et favorisent l’éducation des filles.

En Iran, les bahá’ís sont accusés de « sionisme » et d’ « espionnage », parce que leur centre mondial se trouve à Haïfa, en Israël; En effet, Bahá’u’lláh fut exilé au XIXème siècle par les autorités persanes et ottomanes en Palestine, aujourd’hui Israël ; aujourd’hui le centre mondial administratif et spirituel de la foi bahá’íe se trouve près de ces lieux historiques et sacrés pour les bahá’ís.

Ces accusations sont avancées pour justifier des arrestations et emprisonnements, l’expulsion des bahá’ís de l’enseignement universitaire, leur interdiction de mener certaines activités économiques, la désacralisation de leurs cimetières, etc.

L’Union européenne, ainsi que de nombreux gouvernements, sont conscients des persécutions auxquelles les bahá’ís d’Iran sont soumis, et mettent la pression sur le gouvernement Iranien de respecter les Droits de l’homme de tous leurs citoyens.

CAP : Comment voyez-vous l’évolution de cette religion dans un avenir proche ?

D.S. : Sous la direction de leur instance internationale, la Maison Universelle de Justice, collège de neuf membres siégeant au Centre mondial bahá’í à Haifa et élu tous les cinq ans par les 190 Assemblées spirituelles nationales du monde bahá’í – sous cette direction, les bahá’ís sont activement engagés, dans tous les pays du monde, au service de la communauté. Les bahá’ís s’efforcent de faire avancer la cause de l’unité, de promouvoir le bien-être de l’humanité et de contribuer à la solidarité mondiale.

Dépendant des besoins et des circonstances, quelque 1 100 projets locaux de développement (écoles, cliniques, projets ruraux et agricoles, radios, etc.) opèrent dans plusieurs pays. Dans chaque continent, un « Mashriqu’l–Adhkar (« point d’aurore de la mention de Dieu », nom donné aux temples bahá’í) est ouvert à tout le monde (pour l’Europe à Langenhain, en Allemagne, près de Francfort sur le Main). Des temples sont en train d’être construits ou le seront prochainement dans des régions à forte densité bahá’íe (Chili, Congo, Vanuatu, Nouvelle Guinée-Papouasie). Ainsi, les bahá’ís et leurs amis, de toutes origines et convictions, se réunissent régulièrement pour prier, échanger sur des thèmes spirituels et collaborer pour l’éducation des jeunes et des enfants.

Sensibles à la vision bahá’íe de la construction d’un monde spirituellement et matériellement prospère, de plus en plus de personnes apprennent à servir la société de façon désintéressée. Les capacités à contribuer au progrès social sont développées par un processus éducatif (dans les ’Instituts Ruhi’), où chacun se transforme en même temps qu’il prend part à la transformation de la société :

– des classes d’enfants posent les fondations d’un caractère noble et vertueux

– des activités aident les jeunes à se forger une identité morale et à réaliser des actes de service en réponse aux besoins de leur voisinage

– des cercles d’étude permettent à des personnes d’origines diverses de réfléchir ensemble sur l’application des enseignements divins à leur vie individuelle et collective

– des réunions de prière (ou ‘oasis de paix’ ou encore ‘zones de tranquillité’) renforcent la vie spirituelle et les relations sociales des habitants.

La Communauté internationale bahá’íe est accréditée auprès des Nations Unies et de l’Union européenne.

Actuellement, les plus grandes avancées, numériquement mais aussi qualitativement, de la vie communautaire bahá’íe ont lieu en Amérique centrale et latine, en Asie, et en Afrique.

CAP : Avez-vous déjà entrepris des démarches auprès des instances belges pour être reconnu comme un culte officiel en Belgique ? Si oui, où en est-ce ? Sinon, pourquoi ?

D.S. : A l’heure actuelle, vu la situation et la loi sur les cultes en Belgique, et eu égard à leur nombre peu élevé, la personnalité juridique, pour les bahá’ís, est possible uniquement sous forme d’association sans but lucratif, ou fondation.

Le centre national se trouve à Schaerbeek et sert de siège à l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís de Belgique et à des réunions destinées à l’administration de la communauté bahá’íe belge. Les bahá’ís se réunissent le plus souvent chez des particuliers ou dans des lieux ou salles publics qu’ils louent pour l’occasion.

CAP : Merci, Daniel Schaubacher, pour avoir répondu à toutes nos questions.

Plus d’informations sur cette religion encore trop méconnue sont disponibles sur le site http://bahai.be.

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