Liberté de conscience en Belgique
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Réflexions sur le droit de s’exprimer sur sa religion ou ses convictions

23 novembre 2012 | Posté par Thibaut dans la catégorie Actualités

Les religions sont de plus en plus présentes dans les médias. Il ne se passe pas un jour sans qu’on nous parle de l’influence ou du rôle de l’une ou l’autre dans l’actualité. Que ce soit une source de conflit ou, au contraire, une source d’inspiration ou de réconfort, la religion est omniprésente. De plus, chacun d’entre nous est amené à côtoyer des personnes de religions différentes que ce soit dans le cadre professionnel, associatif ou autre.

La raison d’être fondamentale des actions de CAP Belgique étant le respect de la liberté de conscience, on ne peut que saluer la récente initiative des Nations Unies concernant la religion. En effet le Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction, Monsieur Heiner Bielefeld, mandaté par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, vient de publier un rapport intermédiaire intitulé « Elimination de toutes les formes d’intolérance religieuse ». Quel en est le fil conducteur ?

Ce rapport met l’accent sur le droit de se convertir. Il divise ce droit en quatre catégories :

  1. le droit de se convertir, c’est-à-dire de changer de religion ou de conviction
  2. le droit de ne pas être forcé à se convertir
  3. le droit d’essayer de convertir d’autres personnes par des moyens de persuasion non coercitifs
  4. les droits de l’enfant et de ses parents à cet égard.

Bien entendu ce rapport ne concerne pas seulement l’Europe, mais toutes les nations du monde, puisque venant de l’ONU.

Les deux premières catégories du droit de se convertir ne sont a priori pas un problème dans notre pays. La quatrième suscite des discussions mais n’est généralement pas remise en cause.

En revanche, la troisième (le droit d’essayer de convertir d’autres personnes) ne semble pas unanimement acceptée. Ceux qui cherchent à convaincre d’autres personnes du bien-fondé de leur propre croyance suscitent parfois des réactions de méfiance ou de rejet.

Autant le droit à la religion de son choix ne semble être remis en cause par personne, autant celui de faire du prosélytisme ne semble pas faire l’unanimité. Le dictionnaire nous apprend que le prosélytisme est le « zèle déployé pour répandre la foi et, par extension, pour faire des adeptes ».

La Déclaration universelle des droits de l’homme est claire. Son article 18 stipule : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. » (gras ajouté par nos soins).

Ainsi, tout adepte de n’importe quelle religion ou conviction peut s’exprimer dans le but d’enseigner ses croyances. Tant que cela n’enfreint pas l’ordre public, la sécurité ou les droits d’autrui, nul ne peut s’y opposer. Cela est précisé dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques1, à l’article 18 (3) : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui. »

Le prosélytisme en tant que tel est donc bel et bien un droit dont chaque être humain peut jouir. Il est d’ailleurs heureux que chacun puisse parler de ses convictions à ses collègues, associés et relations diverses. C’est un exemple du bon fonctionnement de notre démocratie.

Le travail du Rapporteur a le mérite de nous rappeler des droits qui permettent à une société démocratique de vivre dans la paix et l’harmonie. Merci Monsieur Heiner Bielefeld.

Le rapport intermédiaire dont il est question peut être lu en entier à l’adresse suivante : http://daccess-ods.un.org/TMP/9479560.25600433.html.

1Le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques a été adopté en 1966 par l’Assemblée générale de l’ONU pour compléter la Déclaration universelle des droits de l’homme.
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