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Victoire des sikhs sur la France concernant le port du turban dans les écoles

29 décembre 2012 | Posté par Thibaut dans la catégorie Actualités

Depuis le vote de la loi contre le port de signes religieux au sein des établissements publics en 2004, aucun Sikh ne pouvait plus entrer avec son turban dans les écoles françaises. Comme le port du turban est sacré pour eux, les enfants de cette religion devaient fréquenter des établissements privés.

Rappelons que le sikhisme est né en Inde au XVème siècle. Inspiré de l’hindouisme et de l’Islam, c’est une religion monothéiste qui enseigne aussi la réincarnation. Un sikh doit suivre certaines règles comme ne pas couper ses cheveux ni sa barbe, ne pas manger de viande, ni boire d’alcool, ne pas fumer et… avoir les cheveux recouverts d’un turban. On compte 22 millions de sikhs dans le monde, la majorité habitant en Inde. D’ailleurs le Premier ministre indien actuel, Manmohan Singh, est lui-même sikh.

Suite à la promulgation de la loi contre le port de signes religieux, un élève indien habitant en France, Bikramjit Singh, avait porté plainte contre l’Etat français auprès de l’ONU pour violation de ses droits religieux. Il vient d’obtenir gain de cause. En effet, le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies vient de conclure que l’interdiction française sur le port de signes religieux « ostentatoires » dans les établissements scolaires publics viole le droit pour un étudiant sikh de manifester sa religion.

Le Comité a accepté que la France maintienne son principe de laïcité, moyen par lequel un état peut garantir la protection de la liberté religieuse pour toute sa population. En revanche, il n’a pas suivi l’argument de la France qui voyait dans ce ruban une menace aux droits et libertés des autres élèves ou à l’ordre de l’école. Selon le Comité, la France n’a pas démontré « en quoi le sacrifice des droits de ces personnes est soit nécessaire, soit proportionnel aux bienfaits atteints. »

Il est effectivement difficile de voir en quoi le port d’un turban par un élève pourrait menacer les droits des autres étudiants. On pourrait même avancer que le fait de voir d’autres coutumes et d’autres manières de vivre est, en soi, éducatif et encourage un esprit de tolérance.

En tout cas, cette décision onusienne constitue une réponse aux défenseurs d’une certaine laïcité, dite «  de combat », qui veulent faire disparaître les signes religieux de l’espace public.

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